Préparons Dimanche
eucharistie : parole et pain

Homélie du 1er dimanche du Carême
14/02/2016

Les lectures du jour

Seigneur, avec toi, nous irons au désert


Mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du carême. Quand on en parle, on pense souvent austérité, privation ; on se dit qu'il va falloir faire des efforts, avoir une face de carême. Ce n'est pas très réjouissant.

Heureusement pour nous, le carême c'est beaucoup mieux. Pour le comprendre, il nous faut revenir aux textes bibliques de ce dimanche. Le livre du Deutéronome (première lecture) nous parle du peuple hébreu qui avait été esclave en Égypte. Dieu a entendu leur voix et il les a conduits vers une terre de liberté. Cela nous fait penser à tous ces nombreux réfugiés qui fuient le pays en guerre et qui prennent des risques pour trouver ailleurs une vie meilleure.

Le carême c'est cette longue route vers la libération. Le Seigneur nous voit engagés sur des chemins de perdition. Il veut nous en libérer. Il veut nous conduire sur le chemin de la vraie vie. Aujourd'hui, Moïse invite son peuple à se souvenir de tout ce qu'il a reçus de Dieu. Il s'agit d'une véritable libération. Ce « ramassis d'esclaves et de fugitifs » a retrouvé sa dignité humaine. Il est entré dans un monde nouveau avec une mentalité nouvelle. La Bible insiste très fortement sur l'accueil du Dieu libérateur. C'est dans cet esprit que nous devons vivre ce temps du carême.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à accueillir la parole de Dieu et à nous laisser guider par elle. Le Dieu libérateur veut le salut de tous les hommes, quelle que soit leur religion. Tous doivent pouvoir entendre « les paroles de la vie éternelle ». Cette parole est à nous, dans notre bouche et notre cœur ; mais elle a parfois de la peine à sortir de nos lèvres. Et pourtant, le Seigneur compte sur nous. Il veut que cette parole soit proclamée dans le monde entier. Dieu est généreux envers tous ceux qui l'invoquent. Mais comment l'invoqueront-ils si nous ne leur annonçons pas ?

Dans l'Évangile, nous lisons le récit des tentations de Jésus au désert. En l'écoutant, nous pensons à notre société de consommation qui refuse les renoncements. Tant de publicités viennent nous tenter pour nous dire qu'on peut tout avoir : « achetez aujourd'hui, vous paierez dans trois mois »… Ou encore « mangez ce que vous aimez tout en perdant du poids… »

Or voilà que dans l'Évangile, le démon pousse cette illusion à son comble : en plein désert, il propose à Jésus de trouver la nourriture, les richesses, le pouvoir et une sécurité absolue. Cette tentation a été celle du peuple hébreu au cours de sa traversée du désert. C'est aussi la nôtre aujourd'hui : nous voulons vivre à l'aise, nous cherchons à dominer. Notre cœur n'est à l'abri d'aucune convoitise.

Mais Jésus ne se laisse pas dominer. Il fait le bon choix, celui de rester fidèle à Dieu. Le carême c'est précisément cette période de 40 jours pour renouveler ce bon choix. Nous sommes conduits au désert pour nous mettre face à face avec notre propre vie et face à face avec Dieu notre Père. Être fils de Dieu, c'est se laisser conduire par lui, c'est lui faire totalement confiance, c'est faire de sa volonté notre nourriture de chaque jour.

Cet amour qui est en Dieu est offert à tous ; en ce dimanche de la santé, nous nous laissons interpeller par le cri de tous ceux qui souffrent. Nous pensons à tous les malades mais aussi à tous les soignants. Et bien sûr nous n'oublions pas le cri douloureux des réfugiés qui fuient leur pays en guerre et celui des associations qui tentent de les aider. Ils sont nombreux ceux et celles qui crient leur souffrance devant ce mal qui les accable.

Et pourtant, si nous regardons vivre tant de soignants, tant de visiteurs et tant de famille, nous comprendrons : les uns et les autres font chaque jour l'expérience d'une résurrection : il ne s'agit plus de changer des pierres en pain ; ce sont désormais des cœurs de pierre qui deviennent des cœurs de chair. C'est leur vie qui est transformée par l'amour qu'ils apportent à tous ceux qui souffrent. En nous ouvrant un Dieu et aux autres le temps du carême nous invite à épuiser Satan et toutes ses tentations.

Avec tous ceux qui, dans le monde de la santé, savent entendre le cri des souffrants, laissons le Christ guérir nos oreilles pour qu'elles soient toujours ouvertes à tous les cris de souffrance. Lançons-nous comme lui pour dire ensemble avec Dieu : « Quand l'homme appelle, moi, je lui réponds, je veux le libérer. »

Sources : revues Signe – Feu nouveau – dossier du dimanche de la santé – Pour la célébration de l'eucharistie (Feder et Gorius) – célébrons dimanche (assemblées de la parole) – homélies pour l'année C (Amédée Brunot) – missel des dimanches et fêtes

Homélie du mercredi des cendres

Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 14/02/2016)
 

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