Préparons Dimanche
eucharistie : parole et pain

Homélie du 18ème dimanche du temps ordinaire
03/08/2014

Les lectures du jour

Dieu nourrit son peuple


Le prophète Isaïe (1ère lecture) nous parle d'une nourriture gratuite, abondante, des viandes savoureuses. Il y a vraiment de quoi rêver. Mais en écoutant ce texte, il nous faut d'abord chercher le vrai message que le Seigneur adresse à son peuple. Et nous, comment pouvons-nous le recevoir aujourd'hui, dans la situation qui est la nôtre ?

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le prophète s'adresse à des gens qui vivent loin de chez eux en terre d'exil depuis cinquante ans. Ils n'en peuvent plus de subir toutes ces épreuves. Pour eux, il n'y a aucune perspective d'avenir. Ce peuple est tellement découragé qu'il a renoncé à faire confiance à ses prophètes. La résignation remplace le combat et l'espoir. Mais voilà qu'aujourd'hui, survient une promesse qui peut tout changer.

Le prophète Isaïe sait que son peuple aspire à une vie meilleure. Lui-même partage ses angoisses et ses interrogations. Mais aujourd'hui, il parle "au nom du Seigneur". Il promet à son peuple une vie meilleure s'il se met vraiment à l'écoute de Dieu : "Écoutez le Seigneur et vous vivrez". La vie du peuple dépend du Seigneur, de Celui qui donne en abondance. Pour nous qui vivons dans un monde où tout s'achète et se vend, c'est vraiment nouveau.

Ce qu'il faut surtout comprendre, c'est que le Seigneur nous offre un cadeau bien plus important qu'une table bien garnie ou des armoires pleines de nourriture. C'est lui qui se donne ; il s'engage pour toujours sans mettre de condition. Ce que Dieu nous donne n'est jamais un dû. C'est un cadeau absolument gratuit qu'il nous offre sans mérite de notre part. Nous sommes tous invités à nous en remettre à lui, même dans les situations les plus désespérées.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous parle précisément de cette gratuité du don de Dieu en Jésus Christ. Lui-même vit une situation très difficile. Il est persécuté et mis en prison. Mais il pousse un cri de joie car il a découvert la bonté du Seigneur. Même au milieu des pires difficultés, il ne cesse de crier sa confiance car il sait que rien ne peut le séparer de l'amour de Dieu. Ils sont nombreux aujourd'hui les chrétiens persécutés qui témoignent de leur attachement inébranlable au Seigneur.

Dans l’Évangile, c'est la promesse d'Isaïe qui se réalise. En Jésus, c'est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. Il guérit les infirmes. Il vient pour guérir et donner aux hommes la paix. A travers ces paroles et ses gestes, c'est l'amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes. En ce jour, nous demandons à l'Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l'Evangile.

Le soir venu, c'est le signe de la multiplication des pains. Toute la foule a été rassasiée. Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C'est vrai que nourrir toute une foule dans un endroit désert, c'est extraordinaire. Mais ce n'est pas le plus important. Cet Evangile nous invite d'abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd'hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il ne nourrit gratuitement. En lui et par lui, c'est tout l'amour du Père qui se donne.

Mais aujourd'hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l'homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : "Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna." Ce pain qui est annoncé dans l'Evangile de ce jour, c'est celui de la Vie éternelle ; c'est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C'est l'annonce de la vraie multiplication des pais qui ne cesse de s'accomplir par le ministère des prêtres.

la multiplication des pains nous enseigne que Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d'aimer. Elle nous ouvre à l'humanité toute entière. Tous les hommes sont "invités au festin des noces". Jésus n'est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : "Heureux les invités au Repas du Seigneur", il ne s'agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l'Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu'il fait totalement sans rien garder pour lui.

En sortant de cette messe, nous sommes envoyés vers les autres avec un panier plein. Comme autrefois, Jésus continue à nous dire : "Donnez-leur vous-mêmes à manger". Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d'amour, faim de reconnaissance. Si nous unissons nos forces humaines à celles du Christ, le miracle pourra se reproduire et l'Eglise revivra.

En ce jour, nous faisons nôtres les paroles de cette prière : Tu nourris tous ceux qui ont faim de ta Parole et de ton pain. Les peuples sont rassasiés dans ton amour multiplié. Merci, Seigneur, merci.

Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, Dimanche en paroisse – Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye) – guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot)

Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron ( 03/08/2014)
 

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